Une démo vaut mieux que mille mots

Parce que les mots s'usent et passent, parce que notre cerveau préfère les images, parce qu'on ne croit que ce qu'on voit, les démonstrations de brossage, révélateurs de plaque ou tests salivaires sont mille fois plus efficaces qu'un discours, aussi bon soit-il.
 


Les pédagogues le savent bien : on ne retient que 20 % de ce qu'on entend mais 50 % de ce qu'on voit et entend, et 90 % de ce qu'on expérimente. Parce que notre cerveau aime les images, les preuves, les émotions. Et parce qu'un simple message oral est toujours déformé. Pensé par son émetteur, puis codé par lui en mots, il est exprimé, puis reçu par son interlocuteur qui le décode et le comprend à sa manière. Entre les deux : un « canal » et des « bruits » de tous ordres : culturels, psychologiques, physiques, etc. Plus les « canaux » sont diff érents et les « bruits » importants, moins le message passe.

Les mots passent, les images restent
En matière d'hygiène bucco-dentaire, cette déperdition est d'autant plus grave qu'on cherche à obtenir l'adhésion du patient pour qu'il agisse : suivre un traitement, se brosser les dents correctement, se faire contrôler régulièrement, etc. Par ailleurs, expliquer certaines règles d'hygiène sans recourir à des gestes est quasiment impossible ou ne sert à rien. D'où la nécessité de recourir à d'autres outils.

À maxi-mâchoire, maxi-impact

À commencer par les techniques de brossage dont on sait qu'elles varient selon les âges, chez les enfants mais aussi chez l'adulte, selon les appareillages ou prothèses. Rien de tel qu'une démonstration d'une minute avec l'impressionnante maxi-mâchoire et sa maxi-brosse pour décomposer et montrer les bons gestes (voir page 38). Impact et mémorisation garantis de 7 à 77 ans.

Des tests très révélateurs… de plaque
Autre argument de choc : les révélateurs de plaque et tests salivaires. D'un apport clinique parfois limité, ils ont néanmoins valeur de preuve aux yeux des patients. Parce qu'ils sont quasi instantanés et visuels. Ou parce qu'ils émanent d'un laboratoire d'analyses et apportent ainsi une caution scientifique. Exemple avec le GC Plaque Indicator Kit, composé de deux tests qui mesurent le pH et déterminent l'âge de la plaque, permettant de visualiser son potentiel cariogène en moins de cinq minutes. Après avoir prélevé un peu de plaque dans la zone interproximale, le praticien l'immerge pendant une seconde dans une solution révélatrice afin qu'elle fermente.
Plus le pH est bas et plus la couleur est rouge, plus le risque d'érosion et de caries est important. L'échantillon de plaque est ensuite immergé dans une solution neutralisante qui enlève la couleur, montrant au patient de façon spectaculaire la qualité de protection d'une salive saine. Pendant ce temps, le praticien peut appliquer sur les dents un gel contenant du xylitol qui rend la plaque visible et indique “son âge”. Si elle est récente, les dents deviennent roses puis rouges ; si elle a plus de 48 h, les dents tournent au bleu/violet. Le patient constate par lui-même qu'il ne s'est pas bien brossé les dents. La discussion avec son praticien peut s'engager.

Une salive qui en dit long
Pour les patients à risque ou présentant des caries, plusieurs tests existent, dont le GC Saliva Check Buff er qui analyse la qualité de la salive. Enfi n, restent les tests en rapport avec les pathologies parodontales. Tests qui permettent d'identifi er et de quantifi er les bactéries responsables comme Meridol Paro-Diagnostic ou Micro I-Dent. Ou tests comme GenoType PST qui permettent de déceler une prédisposition génétique à ce type de pathologie. Véritables outils de diagnostic et d'aide au choix thérapeutique, ces tests ont aussi un rôle pédagogique. La feuille de résultats indique au patient noir sur blanc ce dont il souffre et le motive à réaliser les traitements nécessaires. Impossibles à généraliser à tous les patients, ces gestes sont néanmoins indispensables à certains moments de leur vie ou pour les sujets à risque. Il en va de la santé publique de notre société mais aussi de l'image de marque de nos cabinets.


À savoir

On retient
20 %
de ce que l'on entend

50 %
de ce que l'on voit et ce qu'on entend

90 %
de ce que l'on fait