
Interrogés sur nos honoraires, la plupart de nos patients doivent les juger accessibles et honnêtes. Si ce n'est pas le cas, de deux choses l'une : soit ils n'en perçoivent pas toute la valeur et un travail de communication s'impose (cf. Quand et comment parler d'argent avec nos patients ?), soit nos tarifs sont effectivement plus élevés que le marché et il va falloir les baisser, ce qui est rarissime. Mais ils peuvent aussi se révéler trop bas parce que nous ne les avons pas augmentés depuis longtemps alors que nos coûts, eux, n'ont cessé de croître. Comment alors les ajuster sans pour autant faire fuir nos patients ? En optant pour une révision comprise en 3 et 5 %, une à deux fois par an. Même chose si nos honoraires sont raisonnables mais que nous cherchons à les augmenter pour accompagner une qualité de service accrue.
Ententes financières : une question d'équilibre
Quoi qu'il en soit, rares sont les patients à pouvoir payer nos traitements au comptant. D'où l'importance des ententes financières qui peuvent bien souvent faire basculer la décision du patient en faveur d'un plan de traitement. Fragile équilibre entre les capacités de paiement de nos patients et l'assise financière de nos cabinets, ces ententes financières peuvent revêtir plusieurs formes. La plus courante étant de répartir les paiements sur la durée des travaux, de façon à ne mettre personne en état d'insécurité ou de dépendance. Autre possibilité : le devis personnalisé tenant compte de la mutuelle. Mettre l'accent sur le tiers qui reste à la charge du patient une fois qu'il a été remboursé, au lieu de communiquer sur le montant global du soin est un argument de poids. Enfin, restent les facilités de paiement, inspirées de ce qui se fait dans d'autres professions. Indolores pour le patient, ces paiements fractionnés en trois ou quatre fois sur moins de 90 jours ne nous coûtent que 2 % à 3 % et nous permettent d'encaisser l'intégralité des soins en 48 h à partir d'une simple empreinte de CB. Une solution que le Conseil de l'Ordre approuve, contrairement au crédit classique qui nous assimilerait à une banque.
L'art et la manière
Quelle que soit l'option choisie, mieux vaut toujours la formaliser avant de débuter le moindre soin. Pour éviter de menacer l'équilibre financier de nos cabinets. Mais aussi pour éviter à nos patients de se sentir « pris en otage » ou pour leur permettre tout simplement de réagir à notre offre. Cette négociation peut être menée par l'assistante, à condition qu'elle connaisse parfaitement la politique de paiement du cabinet. En l'absence de directives claires, elle risque en effet d'aller trop loin, dans un sens ou dans l'autre. Il est également important de la former sérieusement. Car l'art de la négociation reste un art difficile. Pour mener une entente financière à son terme, le praticien ou l'assistante doivent savoir créer un climat de confiance, écouter toutes les questions du patient et y répondre avec calme et clarté, prendre en compte ses contraintes sans perdre de vue les intérêts du cabinet et aboutir à un accord perçu comme valable par les deux parties.
Les paroles s'envolent, les écrits restent .
Aussi finement négocié soit-il, un accord ne vaut que s'il est écrit. Parce qu'il nous permet de suivre les paiements au fil de l'eau. Et parce qu'il constitue une référence en cas de retard ou de litige. Qu'il soit rédigé au cours ou à l'issue de la discussion, l'accord doit être signé par les deux parties : praticien et patient. Un exemplaire doit en être remis au patient. Intéressantes pour augmenter le taux d'acceptation de nos plans de traitement, suivre nos règlements et améliorer la trésorerie de nos cabinets, les ententes financières peuvent aussi inciter des patients à recommander notre cabinet autour d'eux. D'où l'intérêt de ne pas les réserver aux devis lourds ou aux patients difficiles mais de les étendre à toutes les transactions de nos cabinets.

