Comment lever l'obstacle financier ?

Crise économique oblige, les Français réduisent leurs dépenses et n'hésitent pas à rogner sur leurs soins buccodentaires. Une situation qui pousse les différents acteurs à innover.

Chèques tiroirs risqués et illégaux, étalement des traitements au rythme des paiements, etc., quel chirurgien-dentiste n'a jamais eu recours aux expédients pour aider ses patients à fi nancer leurs soins ? Et quand cela ne suffi t plus, les patients s'y mettent aussi, reportant leurs soins ou pratiquant des «replâtrages » remboursés. Conséquences : les pathologies s'aggravent, la trésorerie des praticiens souffre et la méfi ance entre les deux parties s'installe. Des solutions existent pourtant, à commencer par la pédagogie, suffi sante quand le frein fi nancier en cache d'autres comme la mésestime de soi, la peur ou la douleur. Autre possibilité : réaliser un devis personnalisé pour chaque patient en renseignant les remboursements de sa complémentaire santé. Ce type de démarche nécessite, il est vrai, un investissement en temps (encore une tâche délégable à son assistante) mais le retour est vraiment à la hauteur. Mettre à l'action sur le tiers qui reste à la charge à la patient une fois qu'il a été remboursé (ratio moyen constaté mais ce remboursement peut être bien supérieur en fonction du contrat de votre patient) est un argument de poids, surtout en ces temps de crise.
Combien de patients ont renoncé à un traitement après la présentation de votre devis et la traditionnelle phrase « retournez-vous auprès de votre mutuelle pour connaître votre remboursement ». Une fois chez eux, combien de patients n'ont pas décroché leur téléphone, refroidis par le montant total du devis proposé : « les soins dentaires, de toute façon, c'est cher et mal remboursé ! ». Enfin, pour les plus téméraires qui arrivent jusqu'à la plateforme téléphonique de leur mutuelle, il leur faut se confronter aux « rappelez plus tard », aux incompréhensions avec leur interlocutrice (« c'est quoi le numéro de la dent ? donnez-moi la cotation sécurité sociale, mais c'est un pivot ou un inlay core qu'on doit vous faire ? »), voire à des remarques négatives sur votre proposition : « permettez-moi de vous dire que votre dentiste est cher » ou « vous ne connaissez pas notre cabinet mutualiste ? ».

Dans un tel contexte, ne serait-il pas judicieux de proposer ce service à nos patients afin qu'ils aient un meilleur accès aux soins, augmentant ainsi le taux d'acceptation de nos traitements ? Dernière étape, les facilités de paiement, inspirées de ce qui se fait dans la distribution pour des montant similaires. Plus acceptable pour certains patients, ces paiements fractionnés en trois ou quatre fois sur moins de 90 jours ne coûtent que 2 % à 3 % au praticien et lui permettent d'encaisser l'intégralité des honoraires en 48 heures à partir d'une simple empreinte de CB. Une solution que le Conseil de l'ordre approuve, contrairement au crédit classique qui fait du praticien un intermédiaire bancaire, ce que la profession ne saurait accepter. Quelles que soient la ou les solutions utilisées pour lever l'obstacle fi nancier, présenter un plan de traitement, proposer une entente fi nancière, ça s'apprend. Découvrez en page 32 notre formation pour vous faciliter la vie au quotidien avec vos patients.




À savoir


P3F ou P4F

C'est un paiement fractionné en 3 ou 4 fois sur moins de 90 jours, sans frais et à partir d'une empreinte de carte bleue. À ne pas confondre avec un crédit classique.>
Renseignez vous auprès de votre conseiller bancaire.

15%
des français ont renoncé à des soins bucco-dentaires au cours des trois derniers mois.

31%
d'entre eux sont issus des catégories
les plus pauvres.